Introduction (si je peux oser)

Etre beauf c’est vivre dans un monde parallèle où la grande satisfaction de soi nous fait passer à côté des réalités de la vie et le pire, c’est que ceux qui sont atteint de beaufrerie sont condamnés à l’ignorer.

Et le pire du pire c'est que chacun de nous, un jour, une heure ou une minute a été beauf sans le savoir: c'est l'auteur qui l'affirme et il a l'air de bien connaitre le sujet...
Comme son titre l’indique, cette chronique raconte la vie des Poissard, un couple de commerçants français très franchouillards.

Ces non aventures de la vie de tous les jours sont vécues et contées par Poissard, lui même, un anti héros pratiquant un langage très populaire.

Inutile de préciser que cette caricature humoristique peut être très ressemblante à des personnes et des situations existantes et que l'auteur les remercie énormément, au passage.
Le rire du premier degré peut vous entraîner dans un deuxième degré critique car l’auteur, sans être moraliste, règle tout de même ses comptes avec cette société de consumation qu’il n'apprécie pas mais qu’il est bien obligé de subir comme tout un chacun.

Voici quelques extraits du livre humoristique: "'Histoire pathétiques d'un beauf de France" que vous pouvez acheter sur http://www.thebookedition.com/histoires-pathetiques-d-un-beauf-de-marcus-santner-p-5559.html
Bonne lecture et bons rires.

Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 18:10

 

Bonjour, je m’appelle Poissard, et madame Poissard, ma femme, s’appelle aussi Poissard : c’est pas pratique pour le courrier, mais à la longue nous nous sommes organisés : les publicités pour elle et les factures pour moi.

Il y a parfois des trucs difficiles à gérer : par exemple, quand elle reçoit des pub pour les lotions capillaires pour chauves elle ne me les donne pas, par contre quand je reçois les factures de produits de beauté, je paye, moi !

Et pas qu’un peu ! Figurez vous que pas plus tard qu’hier, j’en ai reçu une…  Un truc à pas jeter l’eau propre sur sa féminité : crème réductrice de bourrelets, deux cents euros ! Hé, elle s’est faite avoir parce que elle n’a pas de bourrelets ! Ces bourrelets à elle ça s’appelle des bouées ! J’ai regardé dans le dico médical : à moins de vingt centimètres d’épaisseur, ça porte encore le nom de bourrelet… mais pas après… ils sont formels : ce sont des bouées !

C’est comme ses régimes, à madame Poissard… elle en fait au moins trois par an : un avant l’été pour se mettre en maillot, un après l’été pour rattraper ses  dérapages du farniente de l’été  et un avant l’hiver pour ne pas avoir trop à perdre pour attaquer le régime de pré saison, juste avant celui de l’été…

Je sais, ça fait quatre, mais elle bénéficie toujours d’une promo : un trois pour deux, qu’ils appellent…

Comme elle dit souvent, madame Poissard, ma femme, si Dieu avait créé la femme à son image, il y aurait des fabricants de cosmétiques qui seraient moins gras.

Ah, elle a une sacré volonté, madame Poissard : ça fait huit fois qu’elle arrête de fumer… et chaque fois qu’elle s’aperçoit qu’elle a pris vingt kilos, elle reprend la clope pour maigrir… seulement elle n’en perd que dix, à chaque fois… c’est usant parce qu’elle fait encore plus de régime et comme les régimes ça lui colle la migraine, si vous voyez ce que je veux dire

Mais elle a beaucoup d’humour, madame Poissard.

Elle dit un truc que tout le monde ne comprend pas tout de suite :

 - Moi, quand je maigris, je m’aigris et quand je m’aigris je grossis donc, quand je maigris, je grossis ! Et comme quand je grossis ça m’aigrit, il vaudrait mieux que je jeûne et j’ai donc entamé une longue période de jeunes dont le plus vieux n’a même pas dix huit ans 

Elle est balèze, madame Poissard, non ?

Par aganticus
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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 18:27

 

 

 

Avec madame Poissard, ma femme, nous tenons une boulangerie. Enfin, c’est pas une vraie boulangerie : c’est un terminal de cuisson… un point chaud, comme ils disent ; Parce que on veut bien faire du fric, mais oh ! Faut pas déconner, je vais pas me lever tous les matins à trois heures ! Sans blague !

Non, moi je me lève à sept heures, j’ouvre le magasin à huit heures et les emmerdeurs, s’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à aller à Super Cul : qui ouvre à neuf heures… Hé Hé.

Notez qu’avec Super Cul, on a au moins un point commun : les vrais boulangers, on peut pas les blairer : Tous des prétentieux… Ils te marquent bien gros dans leur magasin :

 Notre pain est entièrement fabriqué dans notre fournil … Pauvres cons ! Est-ce que nous on marque :

 On sait pas ou notre pain a été fabriqué ?

Et pourtant on le sait pas…

Comme dit le représentant des pâtons congelés :

-  Le jour où le gouvernement vous oblige à marquer tous les produits qu’il y a dans votre pain, vous avez aussi vite fait d’ouvrir une pharmacie !

Et ne croyez pas que c’est facile de tenir un point chaud : tous les emmerdeurs, ils sont pas à Super Cul, si vous voyez ce que je veux dire…

Il y en a un que je peux pas blairer : genre intellectuel fatigué… c’est au moins un prof ! Alors, au début qu’il venait, il nous racontait qu’il avait fait l’école des Jésuites d’Arcachon, puis l’école des Jésuites fine de glaire (il logeait chez sa marraine d’Oléron) et ensuite l’école des Jésuites de Bouzigues… Qu’est-ce qu’on en a à foutre de là où il a été à l’école !

Té, pas plus tard que dimanche, il se pointe avec sa tronche de lumière éteinte et avec son accent qu’on dirait Balladur qui gronde Sarkozy, il fait à madame Poissard, ma femme :

-                                             Pourrais-je avoir dix croissants dans l’ordre décroissant madame Poissard ?  Alors, la mienne, complètement paniquée, elle lui dit :

-                                             Désolée monsieur, nous n’avons pas ça ici…  Moi, la moutarde qui me démonte le nez, j’y fais un gros clin d’œil, à madame Poissard, ma femme, et j’y dis :

-                                             Laisse, Maman, je m’en occupe, puis, je me tourne vers l’asticot et d’un regard méchant j’y fais :

-                                             Alors, monsieur, y a un problème ?  Et l’autre, pouêt pouêt pouêt… de trouille, il a rien dit…

Comme ça, j’ai pu y filer des croissants normaux…

Et voilà pas qu’il insiste le désossé ? IL me tend un billet de cent euro comme si que j’allais lui dire que j’avais pas de monnaie et qu’il payerait plus tard…

Té ! Que dalle, j’y ai refilé toute ma monnaie et tant pis si j’en avais plus !

Et puis qu’il me dit, la bouche en cul de moule :

Heu… voilà, je suis un peu fauché en ce moment, vous seriez aimable de ne dépenser ce billet que dans quinze jours… 

Moi j’ai dis oui, bien sûr car il faut jamais dire non dans un commerce, mais le billet on l’a dépensé le lendemain, avec madame Poissard, ma femme.

Non mais, sans blague ! On va pas tenir une comptabilité parallèle pour les clients fauchés, non ? On a déjà assez de boulot avec notre black…

Par aganticus
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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 18:43

 

  

 

Nous revenons de Nouvelle Zélande ; Ah quel pays merveilleux ! C’est dommage qu’il soit peuplé de noirs café au lait, enfin bref, faut pas bouder notre chance d’avoir fait un si beau voyage.

Nous étions partis avec l’amicale du rugby de St Maurice qui envoyait l’équipe fanion pour disputer un match amical payé par la mairie dans le cadre des échanges du jumelage avec un bled de là bas qui s’appelle Okomoyati.

Le cousin de Courtecuisse, qui est entraîneur de l’équipe, nous avait pistonnés car il n’y avait que quatre places d’accompagnateurs.

On était un peu embêtés, madame Poissard et moi, car on devait fermer le magasin et on hésitait à mettre sur la porte une affichette disant :  Fermé pour cause de rugby , les gens auraient jasé… J’ai proposé à madame Poissard de marquer : Fermé pour cause de décès  mais, elle a pas voulu parce que ça porte malheur… puis elle a réfléchi et m’a dit :

- T’as qu’a marquer : fermé pour cause d’essais… Tu fais tellement de fautes d’orthographe que les gens ne seront pas étonnés, et on ne mentira pas.

Ah, elle est balèze la mère Poissard, non ?

Je vous passe les détails du voyage : rien de bien extraordinaire, hormis madame Poissard , ma femme, qui n’a pas arrêté de vomir son petit déjeuner, puis son souper de la veille et même son quatre heures…

Ah si ! Courtecuisse voulait étrangler le pilote car il devait le faire exprès de passer dans les trous d’air, ce con ! L’hôtesse a fait preuve de réalisme en faisant remarquer à notre ami, que s’il étranglait le pilote, personne ne nous ferait atterrir, et du coup il s’est calmé, le Courtecuisse.

Le grand moment du séjour a été le match contre l’équipe d’Okomoyati ; Tout le monde avait dit à nos joueurs qu’ils allaient se faire manger tout cru, que les Néo-Zélandais était si forts qu’ils devaient payer des adversaires pour qu’ils acceptent de jouer contre eux, et plein de conneries dans ce genre…

C’était compter sans Courtecuisse, qui était parti du principe que sans le AKA, les Néo-Zélandais ne valaient plus rien. Pour ceux qui l’ignorent, le AKA est un chant guerrier que les rugbymen de là bas exécutent avant chaque match.

Il faut reconnaître que pour un adversaire, voir quinze bonhommes vociférer un chant de guerre, c’est impressionnant, et c’est le but.

Courtecuisse avait donc donné sa recette et, à la tronche réjouie de nos joueurs sortant des vestiaires, on a comprit que ça aller avoiner sec.

Alors, après les hymnes nationaux, les équipes étaient face à face et les Néo-Zélandais, les yeux pleins de défi, ont commencé leur fameux AKA ; C’est là que le capitaine de notre équipe a compté jusqu’à trois et  tous nos joueurs se sont retournés comme un seul homme et ont baissé leur culotte, laissant voir des paires de fesses bien blanches.

Il vous aurait fallu voir la tronche des tueurs d’en face ! Complètement ahuris, puis dépités et, du coup, ils ont arrêté leur chant de guerre.

C’est là que notre capitaine a gueulé :

- A nous guerriers de France ! 

Et alors là, mes amis, ça a été un des plus grands moments de ma vie.

Dans une chronologie parfaite, chaque joueur français a levé le poing gauche, puis le droit et a laissé le majeur tout raide pointer vers le ciel… le gauche et puis le droit… Nous, on appelle ça un doigt, si vous voyez ce que je veux dire.

Ensuite, ils ont entamé un chant qui disait à peu près ceci : Ta mère est une grosse salope et on va piétiner son connard de fils, on va lui bouffer ses pauvres couilles et lui enfoncer sa sale gueule dans la merde !  Fouille ouille ouillle, ça c’est guerrier !

Ensuite ils se sont mis a sauter en se tenant les coucougnettes d’une main et en continuant à faire un doigt de l’autre ; Et, pour finir, ils ont fait, chacun douze bras d’honneur à gauche et douze à droite…

La tronche des Néo-Zélandais ! Y’en a même un qui laissé une larme rouler sur sa grosse joue…

Et puis le match ! Et quel match ! Des oreilles parsemaient le gazon rougi ; Des dents, ça et là, s’unissaient dans un dernier ballet ; Des arcades ne sourcillaient même plus sous les coups de boutoir de l’ennemi et des doigts visitaient des orbites ennemies afin que l’œil se rince… Quel match plein de vie !

Et le score ? Tenez vous bien : quatre vingt huit à zéro !

Qu’est-ce qu’on a pris ! Qu’est-ce qu’ils nous ont mis !

C’est dans l’avion, pendant le retour, que madame Poissard, ma femme, a failli provoquer une bagarre intra muros carlingue… Elle a juste dit à Courtecuisse :

 - Moi, celui que j’ai le plus apprécié dans notre équipe, c’est le goal. 

Si vous voyez ce que je veux dire…

Par aganticus
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Dimanche 6 juillet 2008 7 06 /07 /Juil /2008 19:24

Ce bon docteur

 

 

On est quel jour, aujourd’hui ? Ah oui, jeudi… et le jeudi après midi, je tiens le magasin tout seul car madame Poissard, ma femme, elle soigne son herpès ;

Le docteur a décrété que le meilleur moyen pour soigner l’herpès de madame Poissard, ma femme, c’est d’aller cueillir des champignons et il se dévoue pour l’emmener tous les jeudis après midi parce que moi, le seul champignon qui m’intéresse c’est celui de notre 4X4.

Ah quel con ce docteur ! Je vous jure… il ne sait pas que chez nous, les champignons ne sortent qu’un mois dans l’année…

Ah, des cons, il y en a, hein ? Eh, ils n’en trouvent jamais, des champignons ! Ils font rire le monde tous les deux !… Les clients me font des gros clins d’œil :

-                                             Alors, monsieur Poissard, vous mangez de bonnes omelettes aux cèpes ?  Et moi, magnanime, je leur réponds :

-                                             Tous les jeudis soirs et vous n’en aurez pas, jaloux ! 

L’autre jour, Courtecuisse le patron du café du commerce, il passe la tête par l’entrebâillement de la porte et se met à gueuler :

-                                             Eh, Poissard, vaut mieux avoir l’herpès que d’avoir l’air con ! 

     Si tous les docteurs sont comme ça, on a pas intérêt à être malade… Quel con alors ! Si vous voyez ce que je veux dire…

 

Par aganticus
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